Participation de la Société Civile Guinéenne à l’atelier régional de renforcement des capacités pour l’engagement des parlementaires en faveur du financement adéquat de la santé et du dividende démographique dans l’espace CEDEAO du 25 au 27 Mars 2026 au Bénin (Cotonou).

La Société Civile Guinéenne, à travers le Vice-Président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNSOCG) en charge de la Santé et du Bien-être, également Président de l’ONG Action Médicale Guinée (ACMEG), a pris part à un atelier régional de haut niveau consacré au renforcement de l’engagement des parlementaires de l’espace CEDEAO sur le financement adéquat et durable de la santé, le dividende démographique et les politiques de population et développement.

Cet atelier stratégique a réuni des parlementaires, des experts, des représentants des gouvernements ainsi que des acteurs de la société civile, autour d’un objectif commun : accélérer les progrès vers un financement durable des systèmes de santé et une meilleure intégration des dynamiques démographiques dans les politiques publiques.

Au cours des travaux, les participants ont procédé à une analyse approfondie de l’état de mise en œuvre des principales déclarations politiques africaines en matière de financement de la santé, notamment les engagements d’Abuja et les initiatives récentes en faveur de l’investissement dans la santé. Cette évaluation a permis de mettre en lumière les avancées réalisées, mais également les défis persistants qui freinent l’atteinte des objectifs fixés.

L’atelier a également permis de :

  • Susciter un engagement renouvelé des parlementaires pour accélérer l’atteinte des cibles en matière de financement de la santé ;
  • Renforcer leurs capacités sur les enjeux de la Santé Sexuelle et Reproductive des Adolescents et Jeunes (SSRAJ) et du Dividende Démographique ;
  • Promouvoir un plaidoyer basé sur des évidences, notamment à travers des analyses de retour sur investissement, en faveur de la planification familiale et de la maîtrise de la croissance démographique.

À l’issue des échanges, plusieurs résultats majeurs ont été enregistrés, notamment :

  • Une meilleure compréhension des progrès et des insuffisances dans la mise en œuvre des engagements politiques en matière de santé ;
  • L’identification des obstacles structurels au financement durable de la santé, assortie de recommandations concrètes pour y remédier ;
  • Un engagement renforcé des parlementaires à soutenir les politiques de santé, de population et de développement ;
  • Une prise de conscience accrue du rôle stratégique du dividende démographique comme levier de développement économique et social.

Prenant la parole au nom de la société civile guinéenne, le Vice-Président du CNSOCG a salué la qualité des échanges et a réaffirmé l’engagement des organisations de la société civile à accompagner les pouvoirs publics et les parlementaires dans la mise en œuvre effective des politiques de santé, notamment en matière de financement domestique durable et d’accès équitable aux services de santé.

Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’un partenariat renforcé entre les institutions publiques, les parlementaires et la société civile pour lever les barrières à la planification familiale et garantir un dividende démographique effectif au bénéfice des populations.

La participation de la société civile guinéenne à cet atelier illustre son rôle essentiel dans le plaidoyer, le suivi citoyen des politiques publiques et la promotion d’un système de santé plus résilient, inclusif et durable.

Deux recommandations clés ont été formulés au cours de cette rencontre de haut niveau:

  • Augmenter les allocations budgétaires à la santé conformément aux engagements d’Abuja (15 % du Budget National de Développement);
  • Promouvoir des lois favorables à l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six(6) mois, à la planification familiale et à la jeunesse

Nomination de Khaïté Sall à la tête du Ministère de la Santé et l’Hygiène Publique (MSHP): « C’est une satisfaction globale », réagit Dr Moussa Cissé

Depuis plus de deux ans, le personnel de santé, sous l’égide de Dr Moussa Cissé, dénonçait les dérives au sein du département. Dans un décret lu ce lundi soir à la télévision nationale, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé à une nomination partielle des membres du gouvernement. Parmi eux, Mme Khaïté Sall, nouvelle ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique.

Comment cette nomination est-elle perçue par le personnel soignant et comment le départ de son prédécesseur a-t-il été accueilli ? Dans une interview accordée à notre rédaction ce mardi 3 février 2026, Dr Moussa Cissé, acteur de la société civile au compte du CNOSCG et figure de proue de la contestation contre l’ex-ministre, s’est exprimé sur le sujet.

Un leadership dénoncé

Pour Dr Moussa Cissé, le problème ne résidait pas dans les compétences techniques, mais dans le style de gestion : « Les défis auxquels le système est confronté ne sont pas un problème de personnes, mais un problème de leadership. C’est ce leadership que nous avons dénoncé sur toute la ligne. Lorsque le leader ne prend pas en compte les préoccupations et les avis des techniciens qu’il gouverne, cela mène à des difficultés et le système s’affaisse. Je pense que le président de la République a apporté une réponse à un système qui était en cours d’affaissement. »

Il ajoute sans détour : « Notre système a pris un retard énorme avec l’ancienne équipe dirigée par l’ancien ministre. Je suis très clair, je ne mâche pas mes mots : il a porté un coup fatal à notre système de santé. Nous demandons donc à Mme Khaïté Sall d’être très ouverte rapidement pour combler le vide laissé par son prédécesseur. »

Les urgences : Rassemblement et réformes législatives

Évoquant les chantiers prioritaires de la nouvelle ministre, Dr Moussa Cissé insiste sur la cohésion interne : « Sa première priorité est de rassembler le département, car il est profondément fissuré. On ne peut pas gérer une équipe divisée. C’est là qu’elle a besoin de notre soutien ; nous connaissons ces fissures et nous pouvons l’accompagner. »

Il a ensuite énuméré les dossiers techniques urgents :

  • La fin des intérims prolongés : « Les structures de santé fonctionnent avec trop d’intérimaires. Un intérim qui dépasse deux ou trois ans pose problème. Elle doit nommer rapidement du personnel titulaire pour stabiliser la prise de décision. »
  • Le Statut Particulier : « Le statut particulier du personnel de santé est un sujet brûlant. Il doit être adopté et voté au CNT (Conseil National de la Transition) le plus rapidement possible, puis promulgué. »
  • Le Code de la Santé Publique : « Elle trouvera devant elle tous les documents normatifs, notamment le Code de la santé publique. Elle doit s’atteler, dans les prochains jours, à ce que ces textes soient transmis au CNT pour adoption. »